"Il n’y a qu’un seul chemin, songe-t-il, celui que nous avons parcouru. La vie humaine est un chiffon qui nettoie toujours la même surface."
-Venir au monde, Margaret Mazzantinidans le métro
- Excusez-moi mademoiselle, je peux vous demander quelque chose ?- Euh... oui !
- Qu'est-ce que c'est que ça, là, dans votre sac ?
- Ca ? Des cardons !
- Ah... Mais euh... ce sont des légumes ?
- Oui oui.
- Et ça se prépare comment ?
- En général en gratin... C'est une spécialité lyonnaise pour Noël. (dit celle qui l'a appris dans la semaine à cause d'un récit de cours de FLE sur les traditions...)
- Oh ben ça alors... Ben merci, je me coucherai moins bête ce soir !
- De rien monsieur, bonne soirée !
à la librairie (2)
A son collègue, alors qu'il emballe mon livre :- Tu connais, ça ? Ca a l'air chouette !
Puis à moi :
- Ca a l'air vraiment chouette !
- Ca l'est !!
- En même temps, vous, vous achetez toujours des trucs trop chouettes quand vous venez.
- ... Oui, c'est l'idée !
on ne fait pas semblant
champagne à la liqueur de châtaigne
boules de chèvre au curry/sésame/basilic/raisins secs sur pain aux graines maison
lamelles de patates douces marinées au sésame et aux épices
salade de betteraves et pommes
velouté de topinambours
rôti de noix et champignons (nutroast)
pommes duchesse
purée de carottes à la crème d’oignons et au cumin
courge épicée
torches aux marrons
biscuits de Noël miel-cannelle
truffes au chocolat
rhum arrangé maison ananas vanille
dépaysement lyonnais #05
aller voir une pièce de théâtre marocaine qui nous emmène là-bas loin à Tanger.
dépaysement lyonnais #04
aller voir une pièce de théâtre en espagnol jouée par une troupe mexicaine, qui parle de voyage sur la lune
déprise
Apprendre à lâcher prise. A ne pas suivre le plan de cours préparé pendant la nuit. Let it go. Se laisser surprendre. Travailler sur l’opposition et la concession. Voir le potentiel de discussion d’une phrase extraite d’un bouquin d’exercices. Ecouter les étudiants commencer à débattre. S’opposer. Se répondre. Laisser faire. Encourager. Les pousser à argumenter, à chercher, à expliquer, à expliciter, à donner des exemples. Les faire travailler sans qu’ils s’en rendent compte. Les voir se prendre au jeu avec passion. Parce que c’est un sujet qui touche. Qui interpelle. Qui questionne. Donner la parole à ceux qui se taisent. Demander leur avis. Réclamer. Entendre les voix qui montent. Parler de cultures qui s’opposent. D’individus, surtout. Parler de passion est passionnant. De sentiments, d’émotions. Chercher à mettre des mots. Les écouter dire l’embarras. L’embarras de ne pas savoir décrire. “Mais pas parce qu’on ne connaît pas les mots en français, même dans notre langue, c’est difficile.” Approcher l’intime. Laisser les questions ouvertes. Parce que les réponses ne sont jamais uniques. Attendre. Enfin, cet instant de silence, après trente-cinq minutes de discussion à bâtons rompus. “Wah, Amélie, c’était un petit peu fou, je crois.” Oui, voilà, tu le dis mieux que moi.
"Les récipients, on les remplit d’un rêve à soi avant de les rendre, parce qu’on ne rend pas les récipients vides, jamais."
-in Desierto bajo escenografia lunar.du pareil au même
Ce mail d’un ami qui enseigne une autre langue que moi, dans un autre pays que moi, mais qui a utilisé les mêmes images que moi dans un de mes derniers cours après que je lui en ai parlé, et qui m’écrit : ah mais merci, qu’est-ce qu’on a ri !
lien logique
- Donc, si j'ai bien compris, tu veux partir en stage à Bruxelles, parce que là-bas tu pourras parler slovène ? C'est ça ?les jours de rien
Dans les jours de rien, on peut quand même : regarder Le premier jour du reste de ta vie (et pleurer devant), regarder Welcome (et pleurer aussi), visiter le site de l’AF de Br*xelles pendant une heure, trouver la force de faire des muffins chocolat-betterave, trouver une oreille attentive là où on ne l’attendait pas, et une autre qui, même si on l’attendait, n’en est pas moins agréable, goûter tous ses parfums de thé en une journée, lire un livre prêté par sa soeur, prendre le temps de regarder les photos des projets artistiques de l’autre, réfléchir aux Faiseurs de ciel, être fière de ceux qui nous entourent, regarder une conférence inspirante sur ted.com, et puis une autre, et encore une autre, écouter le dernier bel album des Têtes Raides, relire avec plaisir des textes de ses étudiants écrits en atelier d’écriture, réfléchir à son projet de mémoire en sommeillant, faire la sieste, allumer un lumignon pour le 8 décembre dans le bocal offert par Pika Polonica dans une autre vie, dormir à côté du chat, regarder toutes les bougies par la fenêtre et sourire fort (et une millième raison d’aimer Lyon), prévoir de retrouver des gens qui sont loin pendant les vacances, se plonger dans ses souvenirs, essayer de comprendre le rendez-vous de lundi soir.
Les jours de rien, c’est bien, mais les jours moins creux, c’est mieux.


