dis-moi dix mots #10 - histoire
Héritée mais pas forcément sue
Ignorée jusqu’à être vécue
Silencieuse à force d’être tue
Trésor un peu perdu
Originale de malentendus
Innocente, insondable, incongrue
Réponses à ce que j’avais cru
Entre mon histoire et moi, il y a cette ombre que je ne suis plus.
*
voilà, c’est la fin de mon auto-challenge autour des dix mots !
à part ça, je ne sais pas trop ce que va devenir ici, parce que pendant quelques temps au moins, je risque d’être plutôt là !
dis-moi dix mots #09 - naturel
Ce qui m’est presque naturel :
Nourrir le coeur
Abriter les émotions
Toucher à tout
Utiliser mes pieds
Rougir les rêves
Elancer les idées
Libérer la vie.
dis-moi dix mots #08 - transports
Tenir le cap
Regard au loin
Amertume du chemin
Nos voiles s’étendent ensemble
S‘étirent, s’allongent, s’oublient
Précipice où je loge mes espoirs
Ombragés d’avoir été
Renversés, retenus puis rejetés
Tenir le cap
Soudain surgi.
en sortant de
En sortant de chez toi
J’ai pris d’abord mes jambes à mon cou
En prenant mon temps
Car j’avais envie d’être encore un peu là
Mais surtout beaucoup ailleurs
C’est comme ça.
Mais surtout beaucoup ailleurs
J’ai pris mon envol
Comme d’autres prennent leur pied
Mais moi j’ai une entorse alors je peux pas
Tu vois ?
En sortant de chez toi,
J’ai acheté des mandarines avec les pièces
Qui me restaient au fond des poches
Et c’est bien un monde qui bouge
Puisque même les pièces au fond des poches ne restent pas
C’est comme ça.
J’ai acheté des mandarines
Et l’horizon bleu marine
M’embarquait au loin
Vers les fonds marins
En sortant de chez toi,
J’ai eu mal au cœur
J’ai eu mal au cou
J’ai eu mal au pied
J’ai eu mal à tout
Dans les fonds marins
Je sais pas nager
Je sais pas plonger
Je sais faire la plonge
Ne change pas de sujet
En sortant de chez toi,
J’ai pris le train
Le TER quotidien
Les pieds à terre je ne vaux rien
En rentrant chez moi
J’ai pensé que j’aurais bien aimé
Que chez toi et chez moi
Soient au même endroit
(Sauf que des fois pas.)
dis-moi dix mots #07 - caractère
Choisir
Affirmer
Rêver
Apprivoiser
Comprendre
Tisser
Etreindre
Remuer
Etre entière ?
dis-moi dix mots #06 - âme
A la recherche
Minutieuse d’un
Equilibre.
dis-moi dix mots #05 - songe
Simplement éveillée
Odieuse vérité
Nue
Gage de mes nuits blanches
Est-ce moi ou le lit penche ?
dis-moi dix mots #04 - penchant
Puis-je empoigner ma déception à deux mains,
Ecouter encore ce mépris de travers
Ne faire qu’accepter cette nonchalance ?
Combien d’espoirs qui dansent le tango ?
Hier a l’amertume de nos pommettes
Avant, cet arrière-goût de miettes
Négociations dos contre dos
Trop de déception pour épargner ma peau.
dis-moi dix mots #03 - confier
Chaleur des secrets dans mon bas-ventre
On dirait que personne n’en sait rien
Nuancier d’émotions sous mes sourcils
Faire en sorte d’entretenir les liens
Intrigante confiance sur mes lèvres
Et dire que je me sens bien
Rondeur des mots dans le matin
dis-moi dix mots #02 - autrement
Avoir pensé imaginé peut-être qu’on ne voulait pas
Uniformément vivre
Tenter le reste, le rêve, la trêve, le zeste,
Rompre l’habitude, pourtant
Evidente de simplicité
Mais ce qu’il me faut est silencieux
Et invisible, calamiteux, hypersensible,
Nommer l’autrement pour qu’il existe
Tâton de mes pas jusqu’au bout de la piste.
dis-moi dix mots #01 - chez
Caravane, roulotte
Hôtel, auberge
Embarquez-moi encore ailleurs, puisque
Zéro endroit vraiment chez moi.
"Quoi penser d’autre aussi que c’est dans ma nature d’être plus à l’aise dans les entre-lieux, dans le mouvement continu, sur le quai d’une gare – on parlerait de mon esprit d’aventure que ce serait à mes yeux réducteur, puisqu’il s’agit bien plus (ou de bien moins, c’est selon) d’une mise à l’épreuve volontaire et planifiée sans point de départ ni lieu d’arrivée absolus."
-Filles du calvaire, Annie Rioux"For me, writing is exploration; and most of the time, I’m surprised where the journey takes me."
-Jack Dann (via ilovereadingandwriting)j’écris dans le vacarme
Je n’écris plus au stylo, j’écris dans le vacarme
J’ai épuisé les mots, j’ai fatigué les larmes
Ma vie, bal de baluchons, voilà que je cavale
J’ai juste un idéal, j’attends mon propre aval
Je pique, je plaque, mais je garde l’éthique
Je nous souhaite des horizons pour nos chagrins
L’insolence entêtée, et cet esprit d’équipe
Et ces secondes que j’offre à qui veut, pour demain
Enfin dans la lumière,
J’écris avec ma peau, j’écris avec mes armes
J’ai inventé des mots, j’ai déposé mes larmes
Depuis, je ris sans peur, depuis, je crie sincère
Et les vallons m’avalent, cette folle équipée,
J’ai juste un idéal, je peux vous l’expliquer.
(atelier dans une classe-relais de collège, à partir d’un texte d’Yves Béal)
