une chance sur 6417
Ce soir, le garçon à qui je tends un sac rempli de classeurs dont je me débarrasse grâce à freecycle est le colocataire d’un ami dont j’ai fêté la crémaillère la semaine dernière. A cette soirée, je m’étais émerveillée de l’énorme fauteuil qu’ils possédaient. J’avais alors appris que le dit fauteuil avait été récupéré sur un site par le garçon en question, et j’avais pensé, tiens, il faudrait que je lui parle de freecycle - mais l’occasion ne s’était pas présentée.
place Sathonay
j’ai rencontré des gens qui parlaient slovène, qui s’étonnaient du fait que moi aussi, qui disaient que j’avais un accent de Ljubljana (et ça, ça me retourne le ventre), et qui connaissaient les mêmes gens que moi, là-bas.
centre de réinscriptions
- Oh, vous êtes née le même jour et la même année que moi !!!- Ah oui ? C'est rigolo...
- Bon, alors du coup... hm... bon, vous pouvez garder votre chèque, je vous refais votre carte gratuitement.
grand bien
Grand bien m’a pris de décider de quitter les quais pour traverser le marché, puisque j’ai y croisé F. à qui je pensais quelques heures auparavant - “j’aimerais bien la voir”, m’étais-je dit.
Grand bien m’a pris de créer un blog pour mes étudiants hier à minuit puisqu’ils étaient tout excités d’écrire leur première note en français.
Grand bien m’a pris de dépasser mon désamour du téléphone pour relancer une chouette structure, puisqu’on m’a proposé un entretien.
Grand bien m’a pris de suivre les conseils avisés de Gaëlle puisque j’ai grâce à ça pu entamer une chouette discussion avec la libraire de ce merveilleux endroit qu’est Passages.
Grand bien m’a pris d’acheter La boulangerie de la rue des dimanches, puisque la poésie et la fantaisie ont soudain surgi des pages, alors que j’étais enfoncée dans un gros fauteuil de mon salon de thé adoré.
Grand bien m’a pris de m’inscrire à l’AMAP, puisque ce premier panier est beau et joyeux et étonnant.
Grand bien m’a pris de prendre une place de concert au dernier moment pour aller voir ceux qui s’imposent comme des repères depuis le temps que je vais les applaudir, puisque j’ai pu retrouver les rires d’Ana, le bonheur de la musique au creux du ventre, et l’intimité qu’ils savent créer quand ils font asseoir une salle par terre en cinq secondes pour terminer le concert avec juste une guitare et trois voix.
Grand bien m’a pris de vivre cette journée, alors que pourtant, quand le réveil a sonné, je me sentais tellement fatiguée.
